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24 mai

« Les notaires ont des propositions à l’attention des institutions européennes »

La Gazette Nord – Pas-de-Calais : Pour la première fois, le congrès des notaires de France se déroule en dehors du territoire national. Est-ce un pas de plus de la profession vers l’ouverture à l’international ?

Maître Marc Cagniart : En effet, c’est historique, puisque le premier congrès des notaires s’est tenu en 1891 ! Dans chaque domaine, le monde évolue et notamment, la matière du droit international privé, de plus en plus présente dans nos dossiers. D’où la nécessité de proposer un congrès faisant le tour du sujet dans la pratique notariale. Symboliquement, c’est aussi une belle image d’être le premier des congrès à se tenir en dehors de l’Hexagone, puisque Bruxelles est la source de notre droit international privé, et c’est de cette capitale que nous viennent les règlements européens sur les successions, les régimes matrimoniaux, etc. Il est certain que les notaires auront des propositions à l’attention des institutions européennes, alors autant se réunir à l’endroit où se situe la source de notre droit.

Vous évoquez l’internationalisation de la profession, comment la pratique notariale s’adapte-t-elle aux évolutions des modes de vie ?

L’effet frontière existe bel et bien mais plus vraiment dans la vie concrète. Néanmoins, il en résulte des conséquences juridiques auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés. On compte aujourd’hui plus de deux millions de Français expatriés à l’étranger, un chiffre qui a bondi de 28% en dix ans. Dans nos dossiers, il y a presque systématiquement un élément d’extranéité : que ce soit un vendeur ou un acquéreur non résident, ou encore des situations familiales avec quantité d’éléments d’extranéité, au niveau des régimes matrimoniaux, des lois applicables à la succession ou encore de la dispersion du patrimoine dans plusieurs pays. On ne peut donc plus uniquement appliquer la loi française. Il y a véritablement une réflexion et une analyse à mener pour appliquer correctement les règles de droit international privé : c’est l’un de nos rôles.

Mais aussi un besoin de formation ?

Le besoin de formation résulte d’un constat très simple : le droit international privé tel que nous avons pu l’apprendre dans les universités il y a 15 ans est un droit jurisprudentiel français et aujourd’hui nous appliquons un droit écrit européen. Nous nous formons sur le tas du fait de l’obligation d’appliquer cette matière, mais ce n’est pas propre aux notaires français. C’est notamment le cas du réglement sur les successions que nous devons appliquer mais c’est aussi le cas des notaires de l’Union européenne. A l’occasion du congrès, nous allons donc confronter les pratiques des notariats, sur des textes que nous partageons désormais. Nous appliquons tout d’abord le réglement européen sur les successions et ça, c’est une nouveauté.

Parleriez-vous d’une Europe d’harmonisation du droit ?

En effet, les règlements européens permettent une règle de conflit identique entre tous les pays de l’Union européenne. C’est pour cela que l’enjeu du congrès est « L’international : qualifier, rattacher, authentifier ». Nous devons respecter les cultures juridiques de tous les pays de l’Union. Les articulations entre différents systèmes ont été facilités et rendus homogènes dans l’Union Européenne et le règlement nous aide à appliquer la loi. Le notaire va donc potentiellement appliquer des lois étrangères. Prenons un exemple : si un Allemand prend sa retraite à Paris, mais en ayant laissé des dispositions en Allemagne, dans lesquelles il désigne la loi allemande comme applicable à sa succession, en tant que notaire français, nous autorisons la succession avec la loi allemande. Se parler entre notariats est indispensable pour permettre l’application convenable de ces règlements et donc, de l’application des lois étrangères.

Est ce que cela rend le travail du notaire plus complexe ?

Nous l’avons évoqué, le congrès permet de créer des réseaux et d’identifier des correspondants. Mais, la complexité réside dans la masse de dossiers avec un élément d’extranéité et la multiplication des cas dans lesquels nous devons appliquer les réglements européens.

La Ministre de la Justice Nicole Belloubet intervient le lundi 3 juin en séance solennelle d’ouverture, qu’attendez-vous de son intervention ?

En ouverture, nous proposons toujours un temps d’actualité, avec un dialogue entre le Président du Conseil Supérieur du notariat – Jean-François Humbert – et la Garde des sceaux. Cet échange porte sur des sujets professionnels : l’autorité de la concurrence, la loi de croissance, etc. Je pense que Nicole Belloubet reviendra également sur une proposition faite le lundi après-midi par la première commission, sur la question de la codification du droit international privé français. Aujourd’hui, quand la profession se pose une question sur le droit international privé français, c’est une vraie dispersion ! C’est comme si on entrait dans une bibliothèque sans aucun classement ! Les praticiens – qu’ils soient notaires, avocats ou magistrats –, peuvent être désorientés sur la hiérarchie des normes. Vu de l’étranger, nous avons un droit qui est illisible ! Et ce n’est ni compétitif ni attractif. Nous proposons donc un code de droit international privé, comme c’est le cas en Belgique. Nous avions déjà fait cette proposition lors du congrès de 2015 mais aujourd’hui il semblerait qu’il y ait une vraie volonté politique. Nous ne pouvons que nous réjouir de cet élan politique national car en termes d’attractivité de la France, d’intelligence et de sécurité pour les citoyens, nous aurons fait un grand pas, signe d’une vraie simplification.

Qu’en est-il de la digitalisation ? Les notaires sont-ils dans l’ère du temps ?

Il suffit de venir dans un office notarial pour voir que le digital fait partie de notre quotidien ! Les actes papiers sont marginaux et nous échangeons avec les confrères et les clients via des data rooms électroniques. La signature électronique est bel et bien une réalité. La profession est même en avance par rapport aux autres professionnels du droit !

Comment définiriez-vous la profession de notaire, ce juriste de proximité auquel les français sont attachés ?

« Vu de l’étranger, notre droit est illisible » déplore Marc Cagniart, président du 115ème congrès des notaires de France.

Le notaire est au carrefour des intérêts privés de ses clients, il est là pour conseiller, orienter et éviter de prendre des risques juridiques. Etant au carrefour des intérêts d’Etat, qui est notre autorité de tutelle, nous avons bien entendu une obligation de loyauté, à la jonction des intérêts de la nation et de nos clients.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

Une douzaine de propositions pour améliorer le droit international privé

C’est un congrès résolument tourné vers l’international. Pour sa 115e édition, et en cette année 2019 qui a vu l’entrée en vigueur des règlements européens relatifs aux régimes matrimoniaux des époux et aux effets patrimoniaux des partenariats enregistrés dans l’Union européenne, le Congrès des notaires de France se tiendra pour la première fois hors de France, à Bruxelles. Il est dédié aux questions relatives à la famille et au patrimoine dans un contexte international.

Marc Cagniart et Pierre Tarrade, président et rapporteur général du 115e Congrès des notaires de France. © Miren Lartigue

Pour préparer ce rendez-vous annuel de la profession, une équipe d’une vingtaine de personnes pilotée par Marc Cagniart et Pierre Tarrade – notaires à Paris et, respectivement, président et rapporteur général du Congrès – a préparé une douzaine de propositions d’amélioration du droit international privé. Alors que plus de 3,4 millions de Français vivent hors de France, qu’un retraité de droit français sur dix vit à l’étranger et que 45% des expatriés ont une double nationalité, «les chiffres montrent que le droit international privé est une matière que l’on rencontre tous les jours», a souligné Marc Cagniart, avant la présentation des propositions d’évolution législative formulées par le groupe de travail.

Un Code des règles de droit international privé français

Les notaires proposent ainsi de rassembler dans un Code unique l’ensemble des règles de droit international privé français. «C’est une matière compliquée et dont les sources sont éparpillées», a relevé Pierre Tarrade. Un Code unique permettrait d’organiser ces règles «de manière cohérente pour les juristes français comme pour les juristes étrangers». Ce projet contribuerait aussi à meilleure lisibilité et accessibilité du droit français «dans un contexte international de compétition entre cultures juridiques», a-t-il pointé.

Le mariage consulaire pour tous et partout

Une autre proposition concerne le mariage consulaire. Aujourd’hui, deux Français peuvent s’unir auprès d’un consul français à l’étranger et deux étrangers peuvent voir leur union célébrée par le consulat en France. Les notaires proposent que les autorités consulaires puissent désormais célébrer des mariages entre un Français et un étranger, et ce, dans tous les pays. Toujours en matière matrimoniale, ils suggèrent également de permettre aux conjoints de choisir, avant tout conflit, le juge de leur divorce, en insérant dans un acte notarié (tel que le contrat de mariage) une clause qui définit le juge compétent en cas de litige ou de séparation.

Ventes immobilières : sécuriser davantage et éviter la double imposition

En matière de ventes immobilières, environ 8 à 10% des transactions comprennent aujourd’hui un acheteur ou un vendeur résidant hors de France. «Ces types de ventes sont plus complexes qu’il n’y paraît», a expliqué Pierre Tarrade. Pour renforcer la sécurité juridique des opérations impliquant des acquéreurs ou des vendeurs non résidents, les notaires demandent à ce que les parties soient systématiquement informées de la possibilité de choisir la loi qui s’applique à leur contrat, et qu’une promesse unilatérale de vente authentique soit utilisée comme avant-contrat. Et pour ne pas payer deux fois la plus-value mobilière lors de la vente d’un bien situé à l’étranger, ils proposent de modifier le Code général des impôts, afin d’éviter cette double imposition.

Pour une reconnaissance des trusts étrangers

Les trusts constitués à l’étranger sont «un instrument juridique non reconnu en France» alors qu’ils constituent «un mode normal de succession dans le monde anglo-saxon», a relevé Pierre Tarrade. Pour combler ce vide juridique, qui oblige les juristes français «à bricoler» des solutions, «le notariat français ne demande pas l’introduction du trust en droit français», mais «la ratification de la convention internationale signée par la France qui permet de reconnaître les trusts valablement constitués à l’étranger».

Un registre des certificats successoraux et des mandats de protection future

Autres propositions du groupe de travail : permettre de libeller les actes en deux langues (dont le français) «afin qu’ils soient parfaitement compréhensibles par ceux qui les signent et ceux qui les lisent», créer un fichier pour recenser tous les certificats successoraux européens au sein de l’UE. Ou encore la création d’un registre international recensant les mandats de protection future conclus par les ressortissants français installés à l’étranger, afin que les juges puissent accéder aux dispositions prises dans un autre pays, «notamment lorsque la personne n’est plus en capacité de s’en souvenir».

L’équipe du congrès

Président : Marc Cagniart, notaire à Paris

Vice-président : Patrick Metz, notaire à Roeschwoog (Bas-Rhin)

Rapporteur général : Pierre Tarrade, notaire à Paris

Commissaire général : Fabrice Laevens, notaire à Tourcoing

Première commission, «S’orienter», présidente : Caroline Ginglinger-Poyard, notaire à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) ; rapporteur : Marianne Sevindik, notaire à Rouen

Deuxième commission, «Rédiger», président : Jean-Christophe Rega, notaire à Saint-Martin-Laguépie (Tarn) ; rapporteur : Olivier Lecomte, notaire à Paris

Troisième commission, «Vivre », présidente : Valérie Marmey-Ravau, notaire à Lyon ; rapporteur : Frédéric Varin, notaire à Distré (Maine-et-Loire)

Quatrième commission, «Contacter», président : Antoine Desnuelle, notaire à Cannes ; rapporteur : Cécile Sainte-Cluque – Godest, notaire à Carcassonne

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

De l’autre côté de la frontière

Une amende de 200 millions d’euros pour AB InBev

La Commission européenne a imposé une amende de 200 millions d’euros à Anheuser-Busch InBev (AB InBev) pour violation des règles de la concurrence de l’UE. Cette décision a été prise le 13 mai suite à la stratégie adoptée par le groupe brassicole, visant à limiter les ventes transfrontalières de sa bière Jupiler. En effet, l’enseigne a restreint la possibilité d’importer ce produit des Pays-Bas vers la Belgique, où il est moins cher. La Commission européenne a accordé, par ailleurs, une réduction d’amende de 15% au brasseur belge vu que ce dernier a reconnu les infractions et s’est montré coopératif durant l’enquête.

Urbike lance les premières livraisons du projet BCKlet

La coopérative Urbike a lancé début mai les premières livraisons du projet BCKlet en région bruxelloise. Ce système de distribution à vélo cargo a été mis en place pour résoudre les problèmes d’accessibilité en centres urbains, mais aussi pour réduire les émissions de CO2. La nouvelle solution, qui assure le transport d’environ 200 kg de marchandises sur un seul vélo, est une véritable alternative aux camionnettes et camions légers. Actuellement, quatre partenaires clients sont en train de tester le projet BCKlet : Bpost, Delhaize, Multipharma et CSD Bruxelles. Ce modèle de livraison innovant a été réalisé en collaboration avec un consortium d’experts, dont l’Université de Saint-Louis.

Un investissement de 1 600 000 € pour le hall omnisports de l’HEPL

La province de Liège a inauguré lundi 13 mai le hall omnisports de la Haute École de la province de Liège (HEPL). Le nouveau bâtiment s’étend sur une surface de 770 m² et regroupe cinq vestiaires, dont un pour les arbitres, ainsi que des terrains de mini-foot, de basket, de volley, de handball et de badminton. Cette infrastructure, qui a nécessité un investissement de 1 620 000 €, accueillera chaque jour quelque 500 étudiants. Le hall de la HEPL dispose d’un chauffage assuré par une pompe à chaleur et d’une ventilation munie d’un système de récupération d’énergie. Il est également équipé de 140 panneaux photovoltaïques de 280 W, installés sur une superficie de 230 m².

Les petites e-motos Yodacity bientôt à Bruxelles

YodaCity, les petites e-motos partagées, débarqueront cet été à Bruxelles. L’objectif de cette initiative est d’élargir l’offre de transport en free floating qui regroupe actuellement les vélos, trottinettes, vélos électriques et voitures électriques. Les nouveaux engins disposent d’un emplacement pour téléphone portable afin de l’utiliser comme GPS et de le recharger par la même occasion. Pour rouler en YodaCity, les utilisateurs payeront un tarif de 25 centimes par minute utilisée, ainsi que les frais de démarrage qui s’élèvent à 1 €.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

« Ce qui nous manque en France, c’est une grande ambition pour le ferroviaire »

La Gazette : Comment se porte l’industrie ferroviaire en France ?

Jean-Pierre Audoux : C’est mitigé. Le matériel roulant est dans une phase un peu compliquée, car un certain nombre de grands contrats se terminent, même si ces derniers mois, de nouvelles commandes, notamment beaucoup de matériels urbains, périurbains, ont été prises. Cela coïncide avec le renouvellement du parc de la RATP et le projet du Grand Paris. Mais il ne faut pas oublier que le projet «TGV 2020» de la SNCF n’arrivera pas avant 2023. Donc, aujourd’hui, nous sommes dans une situation un peu médiocre concernant le matériel roulant. On a eu un marché intérieur qui était à 2,5 milliards d’euros, aujourd’hui on est plutôt sur 1,6 ou 1,7 milliard.

Jean-Pierre Audoux, délégué général de la Fédération des industries ferroviaires.

Mais pour les infrastructures, c’est différent…

Oui ! Sur les infrastructures, les investissements de SNCF réseau, le principal marché, restent au niveau. On peut même espérer voir ceux-ci augmenter compte tenu des besoins énormes de régénération et de modernisation de voies dans les années à venir. Je pense notamment à l’Ile-de-France. De ce côté-là, les perspectives à court et moyen terme sont plutôt bonnes. Quant à la signalisation, elle devrait suivre la modernisation du réseau. Pour le moment, elle est plutôt dans une situation intermédiaire.

Quel regard portez-vous sur l’ouverture à la concurrence qui approche ?

Un regard extrêmement bienveillant sur l’intérêt d’une ouverture à la concurrence maîtrisée et régulée ! Autrement dit, une ouverture dans des conditions anarchiques serait catastrophique. Mais le but n’est pas de semer le désordre au sein du système ferroviaire français qui n’en a pas besoin. Il ne s’agit pas non plus de faire de l’environnement de la SNCF un environnement chaotique. A contrario, une situation où on resterait sur les errements actuels serait extrêmement mauvaise. Je prends l’exemple de l’Allemagne où, sur certains segments, les commandes d’entreprises autres que celles de la Deutsche Bahn représentent jusqu’à presque 50% du chiffre d’affaires de l’industrie ferroviaire allemande sur son marché : c’est extrêmement important.

Que peut-on espérer en France du coup ?

On peut espérer qu’à l’horizon de cinq à dix ans, il y aura intrinsèquement plus d’activités industrielles pour le matériel roulant et les fournisseurs de matériel roulant, parce que, simplement, il y aura d’autres clients que SNCF mobilités, dont on souhaite évidemment qu’il continue à rester un grand client. En n’oubliant quand même pas qu’aujourd’hui, ce sont les régions qui financent les plus grandes parties des matériels roulants.

Donc, pour vous c’est positif cette ouverture à la concurrence ?

La FIF, comme ses autres consœurs européennes, est très favorable à une ouverture maîtrisée et régulée à la concurrence. Elle devrait être stimulante, comme elle l’a été dans des pays qui l’ont pratiquée intelligemment, notamment l’Allemagne. Ceci dit, l’ouverture à la concurrence n’est pas une fin en soi, c’est un moyen de stimulation pour redynamiser un marché.

C’est aussi la possibilité de voir la réouverture de lignes fermées par la SNCF ?

Vous évoquez un problème très complexe qui est celui de l’avenir des lignes capillaires, celles qui ont déjà été fermées, celles qui pourraient l’être. Il est très clair que là, il faut changer de modèle économique. Quand une ligne est fermée, on peut toujours la remettre en service, mais c’est toujours très compliqué. C’est un vrai sujet d’aménagement du territoire, et aussi un vrai sujet pour l’avenir du système ferroviaire.

Ligne de production chez Bombardier transport à Crespin. © S. Dhote

Du coup, comment voyez-vous l’avenir du train en France ?

Je pense que nous sommes actuellement à la croisée des chemins. Je n’ai pas de souci quant à l’avenir du ferroviaire dans le monde. On est sur des niveaux de croissance annuelle des marchés ferroviaires de 3%. On a même eu 5% au cours de ces douze dernières années. Donc 3%, c’est plutôt une hypothèse basse. Je pense que ce sera plus, parce qu’il y a l’urbain et le périurbain qui vont largement pousser les commandes de tramways, de métros ou de RER. En fait, le problème, c’est qu’en France, on a un vrai problème de politique des transports. On n’a pas vraiment de vision à moyen et long terme sur l’avenir des infrastructures et sur le rôle des différents modes de transport. C’est un problème majeur que la loi d’orientation des mobilités ou la loi portant sur le nouveau pacte ferroviaire ne résout pas.

Mais c’est à nuancer…

En fait, il n’y a pas tellement de soucis à avoir sur le métro, le métro automatique, le tramway. Le vrai souci porte sur l’avenir du mode ferroviaire lui-même, et là je pense au mode ferroviaire classique, donc tout ce qui n’est pas à grande vitesse. Il reste à inventer un nouveau modèle de TER, un nouveau modèle Intercités. Et puis le fret est à des niveaux qui sont anormalement bas. Etre tombé de 53 milliards de tonnes-kilomètres au début des années 2000 à 32 milliards de tonnes-kilomètres actuellement, quand les Allemands, eux, sont passés de  80 à 120 milliards de tonnes-kilomètres, ça nécessite qu’on s’interroge. Et il ne faut pas expliquer ça par la seule désindustrialisation, parce que les Allemands ont aussi connu ces problèmes de régression industrielle et économique dans les mêmes années 2009-2011.

Comment peut-on l’expliquer alors ?

Par un manque de volontarisme, un manque d’intérêt de ceux qui, au contraire, devraient s’y intéresser de plus près et le développer.

D’une façon générale, comment donner envie aux gens de reprendre le train ?

Pour prendre le train, il faut plusieurs conditions. La première, c’est l’accessibilité ; la deuxième, c’est la ponctualité ; la troisième, c’est le coût. Déjà, quand ces trois conditions sont réunies, ça facilite largement les choses. Il y a une quatrième condition : c’est le cadencement. Si vous avez trois trains dans la journée là où il en faudrait dix, même si les trains sont ponctuels, que la gare est accessible et que le coût est raisonnable, ça ne va pas suffire. Ce qui nous manque en France, c’est une grande ambition pour le mode ferroviaire. Cette grande ambition – l’histoire du mode ferroviaire le prouve – ne peut être réalisée qu’avec de vrais cadencements sur les dessertes. S’il n’y pas un vrai cadencement, les gens se tourneront vers d’autres modes de transports dès qu’ils le pourront.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

Diversidays révèle des talents de demain

Tordre le cou aux idées reçues et favoriser les initiatives en faveur de la diversité. Mounira Hamdi et Anthony Babkine ont créé en 2017 Diversidays, association d’égalité des chances dans le numérique. «Seuls 10% des personnes qui créent dans les techs sont des femmes. Et le chiffre est quasi nul pour la diversité», déplore Anthony Babkine, lors de sa venue à Lille fin avril. Après les régions Ile-de-France, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, Diversidays a fait étape à EuraTechnologies, mobilisant ainsi les décideurs du territoire sur les questions d’égalité des chances et de diversité des talents dans le secteur du numérique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la sélection ne s’est pas faite à la légère : un comité de bienveillance, constitué de 18 personnalités du monde économique, associatif et politique, s’est mobilisé pour sélectionner 7 talents sur 90 profils présentés. «Ils ont ensuite reçu une formation de deux semaines, avec une mise en confiance et un travail sur le réseau. Ce sont, le plus souvent, des héros qui s’ignorent !» détaille Anthony Babkine. Pour cette édition lilloise, Diversidays a pu aussi compter sur le soutien de Raouti Chehih, directeur général d’EuraTechnologies : «J’ai toujours abordé la question de la diversité avec prudence, car, ici, nous n’avons pas besoin d’en parler parce que c’est ancré au fond de nous. Notre travail, c’est de transformer l’énergie en talent et de garantir un droit à l’essai.» Et d’annoncer à quatre des sept lauréats qu’ils bénéficieront d’une incubation et d’un accompagnement par l’incubateur (voir encadré). Tout en les mettant en garde : «Ce n’est pas parce qu’on vient à EuraTechnologies que tout est possible. Il faut travailler, travailler et encore travailler.» Chaque année, 1 200 entrepreneurs tentent leur entrée à EuraTechnologies… pour seulement 100 retenus.

Des «diversimakers» ancrés dans les territoires

Les talents 2019 des Diversidays et une partie de l’association.

D’une histoire personnelle naît la création d’un projet : pour bon nombre de «diversimakers», leur parcours de vie a forgé leur culture entrepreneuriale. Daniella Tchana, docteure en mécanique, matériaux et nanotechnologie, n’en est d’ailleurs pas à sa première création. Après Potago, lancée à Amiens – une application pour commander des produits locaux et sélectionner les recettes à cuisiner –, elle s’attaque à lutter contre les inégalités dans le milieu de l’enseignement supérieur, avec la plateforme BeSMART-edu : «Seuls 20% des jeunes issus de la diversité entrent dans de grandes écoles, notamment parce qu’ils n’ont pas été bien accompagnés. Et il est difficile de trouver de bons professeurs dans les provinces. Je veux donner des opportunités à ceux qui n’en ont pas.» La prépa scientifique en ligne BeSMART-edu va recréer l’ambiance d’une salle de classe classique par le biais d’un tableau blanc collaboratif et d’un cahier numérique. Mouhamad Dimassi, docteur en intelligence artificielle de l’Université de Lille, veut quant à lui rendre l’intelligence artificielle accessible à tous via roubaix.ai, un laboratoire du déploiement de l’intelligence artificielle au service du citoyen. Ou encore Loïc Ouattara, fondateur et directeur de Djoba Cash, qui facilite le transfert d’argent vers la bonne dépense et la bonne personne grâce à des tickets santé, alimentaire, scolaire ou assurance, par le biais d’une application mobile. Si, à la base, tous ces talents n’avaient pas en tête de devenir entrepreneurs, ils en ont aujourd’hui toute l’étoffe et espèrent bien pérenniser leur structure, avec, à terme, la création d’emplois.

Les sept talents mis à l’honneur :

  • Daniella Tchana, fondatrice de BeSMART-edu : une prépa scientifique en ligne pour préparer les jeunes de banlieue et des quartiers à l’entrée dans des grandes écoles (sera incubée à EuraTechnologies)
  • Gérard Labbe, Le Mouton à 5 pattes : accompagner les personnes Asperger et/ou autistes de haut niveau vers les entreprises du numérique
  • Loïc Ouattara, fondateur et directeur de Djoba Cash : alternative aux transferts d’argent traditionnel, grâce à des tickets santé, alimentaire, scolaire ou assurance (sera incubé à EuraTechnologies)
  • Delphine Barthe, fondatrice de Stirrup et Smart Alert : plateforme qui permet aux personnes sans abri d’avoir accès à un logement tremplin pour une période de six mois d’accompagnement grâce à un prêt gratuit de logement vacant
  • Mouhamad Dimassi, Foqus et roubaix.ai : laboratoire de déploiement de l’intelligence artificielle au service du citoyen
  • Alexia Charbonnier, fondatrice d’Actizzy : plateforme de réservation d’activités de loisirs dans la région, avec pour mission la restauration du patrimoine (sera incubée à EuraTechnologies)
  • Djidawi Djohar, Up by Djidawi : service d’accompagnement individuel et collectif dans le développement personnel (sera incubé à EuraTechnologies)
Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

Laurent Louis, nouveau directeur régional de Carrefour Nord – Pas-De-Calais

Laurent Louis est nommé directeur régional de l’ensemble des hypermarchés Carrefour du Nord – Pas-de-Calais. Spécialiste du secteur de la grande distribution, il intègre son premier poste dans le groupe Carrefour en 1990, avant de devenir vendeur EPCS (électro, photo, ciné, son) au magasin de Créteil, puis manager pour le même magasin. En 2004, il est nommé chef du secteur non alimentaire au magasin de Bercy, avant d’être muté à Venette en 2006. Pour élargir ses compétences à l’international, Laurent Louis a également assuré le pilotage de divers hypermarchés Carrefour en Russie et en Sibérie. En 2014, il revient en France pour occuper le poste de directeur de magasin à Evreux, avant d’être muté à Wasquehal. Le nouveau directeur régional veut, dans le cadre de sa nouvelle mission, renforcer les deux leviers de croissance des hypermarchés à savoir : la bio-agriculture et le drive.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

« La French Tech ne concerne pas uniquement les start-up »

Abdel Halitim, dirigeant d’Akao informatique et président de la Communauté French Tech Grand Hainaut.

La Gazette : La Communauté French Tech Grand Hainaut a été labellisée par l’État en avril. Que représente ce label ?

Abdel Halitim : Pour obtenir le label «Communauté French Tech», il fallait réunir une liste de 50 entreprises en relation avec le numérique, issues d’un même territoire. La Communauté a très vite été créée : nous avons commencé à nous rassembler à partir de janvier pour pouvoir rendre la liste le 11 février. Au total, nous avons rendu une candidature avec 56 signatures. Depuis, nous avons des nouvelles demandes pour intégrer notre Communauté, mais nous prenons le temps de les étudier au cas par cas avant de les accepter. Il ne s’agit pas seulement de se rassembler entre opportunistes, mais de garder une cohérence pour mener à bien nos projets.

Quelles activités regroupe la Communauté ?

Le territoire que couvre notre Communauté est large : il englobe Valenciennes Métropole, le Denaisis, le Cambrésis, Maubeuge et l’Avesnois … Nous voulions une hétérogénéité aussi bien dans la taille des entreprises que dans leur implantation géographique. Il faut avant tout comprendre que la French Tech ne concerne pas uniquement les start-up. La French Tech, c’est tout un écosystème qui doit permettre aux start-up de grandir. Nous comptons parmi nos membres des start-up comme Simone et ses trottinettes pliables, ou Constructions-3D et ses imprimantes. Mais la Communauté repose aussi sur un tissu qui existe depuis une dizaine d’années et qui mérite d’être encore dans la lumière. Ce ne sont pas forcément des acteurs «du» numérique, mais «autour» du numérique, comme l’école Pop School à Anzin ou encore l’agence de communication Keeo, pour ne citer qu’eux.

Quel est l’objectif d’un tel rassemblement ?

Nous ne sommes pas un club fermé qui parle business en vase clos. Nous constituons un groupe de passionnés qui veulent continuer de grandir, mais pas tout seuls, pour contrer la solitude de dirigeant en quelque sorte. Nous avons aussi lancé trois grands projets pour faire évoluer le territoire. Nous voudrions créer des partenariats avec des administrations et des institutions pour les aider dans leur communication. Nous voulons aussi conseiller des PME locales pour réinventer leur business avec le numérique. Enfin, nous voulons user de notre créativité pour attirer la création d’emplois dans le Grand Hainaut. En fait, il y a toute une dimension RSE. Nous avons conscience que le territoire souffre économiquement. Il y a un train en marche qui est le numérique, mais ce train manque de passagers. De l’autre côté, il y a le chômage… Alors il n’est pas difficile de faire un lien entre les deux. C’est à nous d’aider une population en crise à trouver du travail en relation avec le numérique. Nous allons nous rapprocher de Pôle emploi et de différentes écoles pour encourager les formations.

Vous n’êtes pas la seule Communauté à avoir été labellisée dans les Hauts-de-France. Est-ce que vous interagissez au niveau régional ?

Lille a été élue capitale de la French Tech en même temps que notre labellisation. Ça semble assez logique parce que c’est à Lille que la French Tech est née, notamment avec la création d’EuraTechnologies. En plus de ça, les quatre communautés French Tech qui maillent la région (Grand Hainaut, Artois, Littoral Hauts-de-France et Hauts-de-France Sud) ont également été retenues par l’État pour être labellisées. Auparavant, il y avait peu d’interaction entre chacune de ces Communautés, puisqu’elles s’occupaient avant tout de leur propre territoire. Mais une grande réunion a eu lieu début mai à EuraTechnologies. Elle nous a permis de tous nous rencontrer pour évoquer des projets communs.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

DM industries se relève grâce à une nouvelle machine

«Avec mon associé de l’époque, nous avons racheté Quinet en 2011, avec 22 salariés. L’activité était en perte de vitesse et nous avons réussi à la relancer.» Guy-Pascal Duprez revient sur les débuts de DM industries, anciennement Quinet. La société existe depuis 1975 et a eu un parcours en dents de scie. Mais le dirigeant se félicite d’avoir su prendre des risques : «La vie en entreprise est souvent faite de hauts et de bas, nous avons vécu un ralentissement d’activité après le succès de notre reprise.» L’acquisition d’un laser fibre il y a deux ans, grâce a un prêt contracté auprès de Finorpa, a permis de relancer les commandes. «C’est un choix difficile que de dépenser autant pour une machine dernier cri. Mais ça valait le coup. Grâce à elle, la production va deux à trois fois plus vite, donc ça intéresse les clients qui veulent recevoir leurs commandes rapidement. Depuis, nous avons même réembauché.» Si bien qu’aujourd’hui l’entreprise, implantée à Marly, compte 37 salariés.

La tôlerie DM industries compte 37 salariés, dont 4 embauchés récemment.

Sous-traitance et produit propre

Mobiliers pour industrie pharmaceutique, plans de travail pour la restauration, étals de supermarchés… DM industries produit des pièces en inox pour des clients de tous les secteurs. Quelque 400 clients au nord de Paris, en passant par la Belgique, font appel à DM industries. «Nous travaillons également beaucoup pour le ferroviaire : Bombardier représente 20% de notre chiffre d’affaires. GSK est notre plus gros client dans le secteur pharmaceutique», indique Guy-Pascal Duprez. Petite originalité, DM industries vend un produit propre : un chauffe-biberon pour collectivités. «Daniel Quinet, le fondateur de l’entreprise, avait inventé ça. Nous continuons d’en vendre pour les crèches. Ça permet de chauffer huit biberons en même temps : autant dire que c’est rarement pour un particulier !» plaisante le président. L’année dernière, 150 chauffe-biberons ont été commandés. Sur ses 5 000 m2 de surface couverte, DM industries dispose d’un atelier mécanique et d’un atelier peinture, ce qui permet à l’entreprise d’offrir une solution complète en peignant directement ses pièces avant de les livrer au client. «Certains partenaires nous contactent uniquement pour la peinture, c’est un complément d’activité non négligeable», précise le dirigeant.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

Blancheporte investit pour sa transformation numérique

Les quatre associés : Caroline Lemaire, Franck Duriez, Corinne Devroux et Salvatore Spatafora.

De l’industrie du textile à la VPC (vente par correspondance), et aujourd’hui premier site web e-commerçant pour les femmes de plus de 50 ans – et 6e e-commerçant français mode et maison –, Blancheporte a connu plusieurs mutations, tout en résistant sur un marché souvent fluctuant. Avec l’ouverture de son site web en 2005, l’entreprise a pris le virage du numérique sans pour autant mettre de côté les catalogues qui ont fait sa renommée : 70 millions de catalogues sont encore distribués chaque année. Mais Blancheporte mise surtout sur l’omnicanal – 2 millions de visiteurs uniques par mois sur le web – et le lancement d’un programme d’investissement de 12 millions d’euros sur trois ans. «Ces projets sont au service de nos clients et de nos collections. Nous allons transformer notre système d’information, créer une nouvelle plateforme web et lancer un plan média. Notre clientèle suit les trends. Bien sûr, elle n’est pas geek, mais nous devons lui fournir les bons outils», détaille Franck Duriez, président. Ainsi, 7 millions d’euros seront consacrés au système d’information : qualification de la data pour offrir une «expérience d’achat personnalisée et sans coupure», pour un parcours client fluide. «Nous préparons le relais de croissance de demain, avec une logique de mobile first», explique Salvatore Spatafora, directeur associé marketing et client. En effet, 35% des visites sont exclusivement online, avec une clientèle plus jeune. Au premier semestre 2020, Blancheporte lancera son nouveau site marchand, à coup d’intelligence artificielle et de décryptage des parcours de navigation. Restent 5 millions d’euros dédiés à la refonte de la marque, avec un fil conducteur – «Femmes, on vous aime !» –, joli clin d’œil aux deux millions de clientes qui réalisent plus de 4 millions de commandes chaque année.

210 salariés et 172 millions d’euros de chiffre d’affaires

Si le marché du textile est en recul de 2,9%, Blancheporte, après des années difficiles, tire son épingle du jeu et affiche une croissance de 0,5%. Depuis 2017, l’entreprise est rentable et mise sur de nouveaux marchés comme celui de la chaussure (+15% en 2018), mais aussi sur le lancement d’une nouvelle marque, «Isabella», une collection pensée pour les morphologies généreuses avec 180 références. «Nous misons beaucoup sur la cocréation avec des blogueuses, à l’image de la collection capsule avec une designer locale, Louise Motte. Ce rendez-vous sera pérennisé à chaque saison», détaille Corinne Devroux, directrice associée achats et communication. Les 1 600 nouveaux modèles par saison sont désignés en interne à 90%, sur trois secteurs : le prêt-à-porter, la lingerie et la maison. «Nous avons multiplié par trois le résultat depuis 2017, avec une stratégie omnicanale qui est notre facteur clé», se réjouit Franck Duriez.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais
24 mai

Le groupe Najeti en pleine expansion à Bondues

Le groupe Najeti Hôtels et Golfs poursuit son expansion avec un nouvel hôtel urbain. Situé au sein du parc de l’Aérodrome de Bondues, il se caractérise par son emplacement, idéal par sa proximité avec la Belgique, et par l’héritage culturel et historique qui l’entoure. Marqué par son cadre contemporain, l’établissement est ouvert aussi bien aux professionnels qu’aux touristes. Pour rendre l’endroit plus attractif, la structure met à la disposition de sa clientèle des espaces diversifiés favorisant les échanges et les rendez-vous professionnels. En plus d’une connexion wifi gratuite haut débit, les clients peuvent bénéficier d’un ordinateur, de prises USB et de chargeurs à induction. Le groupe Najeti, dont la création date de 1994, compte aujourd’hui plus de huit hôtels, dix restaurants et deux golfs.

Source : La Gazette Nord-Pas de Calais